« Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations »

Nicolas Bouvier / L’usage du monde

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« La fin du jour est silencieuse. On a parlé son saoul en déjeunant. Porté par le chant du moteur et le défilement du paysage, le flux du voyage vous traverse, et vous éclaircit la tête. Des idées qu’on hébergeait sans raison vous quittent; d’autre au contraire s’ajustent et se font à vous comme les pierres au lit du torrent. Aucun besoin d’intervenir; la route travaille pour vous »
Nicolas Bouvier / L’usage du monde

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« La pierre n’est pas de notre règne ; elle a d’autres interlocuteurs et un autre cycle que nous. On peut, en la travaillant, lui faire parler notre langue, pour un temps seulement. Puis elle retourne au sien qui signifie : rupture, abandon, indifférence, oubli. »
Nicolas Bouvier / L’usage du monde

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« Une tangente est un contact qu’on ne peut ni concevoir ni formuler »
Plotin

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« Ce jour là, j’ai bien cru tenir quelque chose et que ma vie s’en trouverait changée. Mais rien  de cette nature n’est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ces couleurs, puis se retire, et vous replace devant ce vide qu’on porte en soi, devant cette espèce d’insuffisance centrale de l’âme quil faut bien apprender à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement, est peut être notre moteur le plus sûr. »
Nicolas Bouvier / L’usage du monde

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Non, non pas acquérir. Voyager pour t’appauvrir, voilà ce dont tu as besoin.
Henri Michaux

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 » Ces amitiés nées de rien qui ne demandaient qu’a grandir et nous débordaient, mais que nous devions endiguer aussitôt  – puisque nous étions toujours en partance et pour revenir quand ? « 
Lecloux Frédéric

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 » Et ce voyage n’était-il pas gorgé de supercherie qu’aucune vérité n’en pourra jamais prendre forme? N’y aurais-je trouvé que moi? Cet impossible moi cherchant un équilibre. « 
Lecloux Frédéric

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 » Si c’est toujours les meilleurs qui s’en vont, qu’est-ce qu’on fout ici ? « 
Grégoire Lacroix